i-docs, documentaire interactif – Back from Bristol, un resumé du Symposium i-docs 2012 #idocs

i-docs, documentaire interactif - Back from Bristol, un resumé du Symposium i-docs 2012 #idocsCopyright © i-docs.org

Fraîchement rentrés de Bristol, où nous avons participé au i-doc Symposium 2012, nous en profitons d’abord pour remercier chaleureusement Sandra Gaudenzi, Judith Aston, Maria Yáñez et Eva Dominguez d’avoir organisé ces journées d’échanges sur le documentaire interactif, et de nous y avoir invité ! Voici un condensé de ce que 3WDOC a relevé lors de cette session i-doc 2012.


HTML5 rules !

La première chose et non des moindres, pour 3WDOC tout au moins, c’est l’irruption du HTML5 comme facteur technologique disruptif du web en général et des nouvelles formes de narration en ligne. Ont été présentés à Bristol les projets les plus avancés et les plus pointus en la matière, des oeuvres dont on avait déjà abondamment parlé dans les colonnes de ce blog, à savoir :


Participation + Prescription = Media social

Une équation rapide et efficace pour résumer la dimension éminemment sociale des contenus enrichis et interactifs en train de naître. Cette dimension pose de facto la question de la prescription (curation en anglais) et incidemment la place de l’auteur. Quelle doit être la position de l’auteur par rapport aux multiples participations possibles ? Que devient le point de vue de l’auteur, si tant est que cette notion existe encore, à l’instar de #18DaysInEgypt où il existe une multitude d’auteurs/participants ?

Certes, les technologies de partage et d’agrégation doivent toujours être au service du contenu et des créateurs, car sans la notion d’auteur et/ou de créateur, le contenu peut vite être vide de sens mais cette affirmation passe souvent pour un voeu pieux ! L’écueil qui se profile dans ces nombreuses créations participatives et sociales à venir, c’est que la pertinence du contenu soit dissoute au milieu d’un flot d’informations et de contributions. Le point de vue de l’auteur s’exprimerait certes mais il serait inaudible car noyé dans un bruit social assourdissant sans parler de la corrélation entre participation et délinéarisation qui peut achever la notion même de narration.

Cette position de l’auteur en regard de la prescription et de la dimension sociale d’une oeuvre, tant dans sa création que dans sa diffusion, était au coeur de tous les débats de i-docs 2012.


Des histoires sans fin

Une tendance forte liée à la nature de la création web mise en évidence au symposium est le statut constamment évolutif d’une production en ligne, cette notion de "work in progress": les créations ne sont jamais archivées, elles sont constamment renouvelées. Un projet n’est jamais totalement fini puisqu’il évolue constamment sous l’impulsion de son auteur et des participants.


Le Web, une culture et une pratique sociale du #mashups

Nombreux ont fait le constat à #idocs que depuis 10 ans, toute la culture du web s’articule autour du#mashups, du #cut-and-paste, de la #re-creation, du #remix, du #spoof. C’est-à-dire l’expérimentation perpétuelle, le work in progress permanent, nourris de l’emprunt et de l’inspiration de contenus déjà existants. A cette dimension « copier-coller » vient clairement s’ajouter « copier-coller-partager » et on semble n’être qu’au début de la création collaborative et social, comme évoqué plus haut.

Le paradoxe Nord-Sud de la technologie

Au regard de l’année 2011 qui s’était écoulée, notamment en raison des révolutions arabes (voir #18DaysInEgypt ou Révolution.tn), est apparu le paradoxe que si la technologie est un facteur de libération au Sud, elle devient un potentiel facteur d’oppression au Nord. Ces mêmes technologies ont contribué à l’effondrement des régimes autoritaires des pays arabes, mais se révèlent inquiétantes, voir carrément menaçantes pour nos démocraties. La dislocation progressive des notions de privacy, de protection des données personnelles dans les démocraties libérales a été présenté comme un vrai danger. Pourquoi ? La collusion des forces du marché et des technologies, des techniques de tracking, de profiling et de personnalisation ouvrent un champ incroyablement vaste à tout sorte de manipulation et de jeux d’influence. C’est d’ailleurs autour de cette prise de conscience citoyenne que travaille Katerina Cizek et son projet de « Digital Citizenship » ou bien ce à quoi réfléchit Brett Gaylor avec le orwellien « collusion » qui montre à quel point la traçabilité des utilisateurs est aisée et donc potentiellement leur manipulation.

Collusion is an experimental add-on for Firefox and allows you to see all the third parties that are tracking your movements across the Web. It will show, in real time, how that data creates a spider-web of interaction between companies and other trackers.

Source : http://www.mozilla.org/en-US/collusion/


Voilà les principaux points que nous avons retenus de cette édition i-docs 2012, faite de belles rencontres et de riches échanges ! Vivement le prochain Symposium 🙂


Table ronde i-docs : Sandra Gaudenzi, Max Whitby, Jigar Mehta, Paulina Tervo, Brian Winston…
Table ronde i-docs : Sandra Gaudenzi, Max Whitby, Jigar Mehta, Paulina Tervo, Brian Winston...


Katerina Cizek, Highrise NFB
Katerina Cizek, Highrise NFB


Bruno présente 3WDOC (photo: @gholubowicz)
Bruno présente 3WDOC (photo: @gholubowicz)


Bruno présente 3WDOC (photo: @idocs2012)
Bruno présente 3WDOC (photo: @idocs2012)


Brett Gaylor du Mozilla’s Popcorn project
Brett Gaylor du Mozilla's Popcorn project


Guillaume Urjewicz et Maria Gemayel de Honkytonk Films / Klynt
Guillaume Urjewicz et Maria Gemayel de Honkytonk Films / Klynt

Watershed, Bristol

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